Histoire d'être...

"Je cultive l'amnésie" Art Mengo

04 avril 2006

Elévation


Elévation


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Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
    Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
    Par-delà le soleil, par-delà les éthers,
    Par-delà les confins des sphères étoilées,



Mon esprit, tu te meus avec agilité,
    Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
    Tu sillonnes gaîment l'immensité profonde
    Avec une indicible et mâle volupté.



Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
    Va te purifier dans l'air supérieur,
    Et bois, comme une pure et divine liqueur,
    Le feu clair qui remplit les espaces limpides.



Derrière les ennuis et les sombres chagrins
    Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
    Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
    S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;



Celui dont les pensers, comme des alouettes,
    Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
    — Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
    Le langage des fleurs et des choses muettes !

Charles Baudelaire

Posté par Phare en dol à 17:58 - Les poèmes de Baudelaire - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 mars 2006

L'Invitation Au Voyage

L'invitation au Voyage

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Mon enfant, ma soeur,

Songe à la douceur

D'aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à la loisir

Aimer et mourir

Au pays qui te ressemble !

Les soleils mouillés

De tes ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mystérieux

De tes traîtres yeux,

Brillant à travers leurs larmes.



Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.



Des meubles luisants,

Polis par les ans,

Décoreraient notre chambre ;

Les plus rares fleurs

Mêlant leurs odeurs

Au vagues senteurs de l'ambre,

Les riches plafonds,

La splendeur orientale,

Tout y parlerait

A l'âme en secret

Sa douce langue natale.



Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.



Vois sur ces canaux,

Dormir ces vaisseaux,

Dont l'humeur est vagabonde ;

C'est pour assouvir

Ton moindre désir

Qu'ils viennent du bout du monde.

- Les soleils couchants

Revêtent les champs,

Les canaux, la ville entière,

D'hyacinthe et d'or ;

Le monde s'endort

Dans une chaude lumière.



Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.


Charles Baudelaire

Posté par Phare en dol à 21:50 - Les poèmes de Baudelaire - Commentaires [1] - Permalien [#]



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