Histoire d'être...

"Je cultive l'amnésie" Art Mengo

04 avril 2007

Divagation souvenir

Divagation souvenir



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J'aime ces longues secondes

Où le temps semble s'arrêter

J'aime ces sons subtiles

Que l'air colle à la fenêtre




Tu paraîs briller dans l'univers

Vêtu de ton grand manteau triste et bleu

Tu paraîs si loin perdu là-bas

Poussière peuplant le paysage




J'aime quand plus rien ne condamne

Le jour durant lequel on demeure

J'aime quand une voix perd sa puissance

Tant le système est intouchable




Elle n'était pas un simple souvenir

Sans aucune couleur du passé

Elle n'était pas un rêve blotti contre toi

N'oublie pas sa présence immobile




J'aime quand le monde traverse

Ces espèces de crises de panique

J'aime quand rien ne s'éteint

Sans me demander l'autorisation




Nous étions les bienveillantes

Image de la providence

Nous étions sans nuage

Une simple lueur qui danse




J'aime quand vos yeux se voilent

Intempestifs dans leur seul prestige

J'aime quand plus rien ne vous limite

Et que votre feu rejaillit soudain




Vous n'étiez pas un absent

Une ombre qui erre dans un souffle

Vous n'étiez pas sans colère

Etreint par une douleur idéale




J'aime quand vos yeux se tortillent

Eux qui ne manquent pas d'amour

J'aime quand votre âme souligne

Indirectement l'horizon des êtres




Ils sont survenus sans prévenir

Animés par une grande angoisse

Ils sont parés de drame

Et cogneront toute la nuit à cette fenêtre


Phare en dol

Photographie : Paris-émoi

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Philippe Delerm, Le Buveur de temps


Envol_01


          Voilà, c'est ça. Je suis un ami inconnu. Je viens sur terre pour nouer entre nous ce lien fragile qui n'a pas de nom. Pas encore. Amour, amitié, tendresse, les mots sont codifiés, pour un usage et des rapports précis. Mais entre nous, ce sera bien plus vague.
          J'étais bien dans ma bulle. Je le sens maintenant à la fraîcheur de l'air d'ici, qui brûle un peu ; l'air de ma planète était parfait, il ne déchirait pas la poitrine, ne donnait pas envie de bouger, de changer. C'était un long sommeil, les yeux ouverts dans les eaux du soleil. C'était la solitude aussi, mais je vous regardais. Êtes-vous bien sur terre ? Excusez-moi. Êtes-vous bien, sur terre ?
          Votre réponse est un silence, l'ébauche d'un sourire au coin des lèvres. J'aime bien ce silence, où je sens quelques gouttes de temps pur à la tristesse douce-amère. J'aime bien ce sourire, l'humour est la pudeur des jours -- vous êtes tellement civilisés.

Philippe Delerm, Le Buveur de temps

Posté par Phare en dol à 02:45 - Ils l'ont écrit... - Commentaires [0] - Permalien [#]

Oraison

Oraison


Personne_02

A l'ombre de mes jours

Coule la vie

Le temps se fait trop lourd

Et timidement périt




Oraison d'un soir

Chante ta triste chanson

Tu n'as plus d'échappatoire

Je demande une rançon




Tes craintes phosphorescentes

Déjà sur le seuil

Fêtent ta descente

Revêtent le costume du deuil




Oraison d'un soir

Chante ta triste chanson

Tu n'as plus d'échappatoire

Je demande une rançon




Dimension tragique

D'une dernière journée

Aux allures atypiques

Et probablement oubliée




Oraison d'un soir

Ta litanie s'est éteinte

Ton âme vient de choir

Sans aucune étreinte


Phare en dol

Posté par Phare en dol à 01:59 - Ma Poésie... - Commentaires [1] - Permalien [#]

Transfert

Transfert



1Arsinoe



Hôte d'une seule nuit

Demande transfert immédiat

Condition de survie

Vous n'avez pas le choix




Hôte d'une seule nuit

Ne peut patienter dehors

Doit fuir le bruit

Vous possédez le Livre des Morts




Hôte d'une seule nuit

Désire une chose rare

Veut rejoindre sa mie

Vous devez préparer son départ




Hôte d'une seule nuit

Rêve de son Egypte natale

Ne sera jamais bannit

Vous allez l'enlever à Tantale



Hôte d'une seule nuit

Ferme ses grands yeux

Par le monde éblouit

Vous savez, il pleut




Hôte d'une seule nuit

Le coeur en friche

Aura-t-il droit d'asile

Vous n'aimez pas la triche




Hôte d'une seule nuit

Dans un mouvement de transparence

Laisse le monde derrière lui

Vous seuls repenserez à cette errance


Phare en dol




Posté par Phare en dol à 01:08 - Ma Poésie... - Commentaires [0] - Permalien [#]



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