01 novembre 2007
Aparté
Aparté

Il vaut mieux parfois rendre les mots muets. Car dans certains cas, ils sont trop bavard, ou peut-être, n'en disent pas assez. Ainsi, je vais taire les miens.
Pourquoi ? Parce que la vie est composée de carnets de voyage. Je referme celui-ci. J'en ouvre un autre, ailleurs, avec un nouvel univers, un autre monde. Peut-être en mettrai-je des bribes ici. Mais dans combien de temps ?
Phare en dol
06 septembre 2007
Question
"Faut-il trahir son idéal
parce qu'on s'aperçoit qu'on ne peut pas
en vivre ?"
Vilhelm Ekelund
06 août 2007
Funambule
Funambule, je suis sur le fil
De mes envies contemporaines
Nourries par quelques peines
Demeurant durement indélébiles
Où est la sortie de ce w
De ce vague à l'âme
Il y a longtemps que l'on rame
Faudrait songer à filer
Traverser l'étendue à la nage
Et à bout de souffle
Oublier ce serpent qui siffle
Qui fait grandir cette rage
Funambule, prends ton envol
Tu as le droit à tes soleils
Mais... Tout se paye
Il te faut créer ta propre école
L'idéal, ce n'est que pour l'esprit
La réalité veut toujours le dessus
Elle sait pourtant qu'elle tue
La vie ne t'aura rien apprit
Tu n'auras rien vécu ici
Rien ne compte, rien ne se fige
Va falloir que tu piges
Que le temps aussi s'ennuie
Où est la sortie de ce w
De ce vague à l'âme
Il y a longtemps que l'on rame
Faudrait songer à filer...
Phare en dol
24 juillet 2007
Périple
Les cymbales ont pris congé
De la drôle de colère
Des démons, des roses trémiaires,
De cette partie de mon âme écorchée
Ô grands et tendres
Paradis de son errance
Ô chaleureuse et douce espérance
A quoi doit-on s'attendre ?
L'heure est aux oubliettes
Remplacée par le souffle de l'erreur
Que compose docilement en ré mineur
La petite fleur de mes défaites
Ô grands et tendres
Paradis de son errance
Ô chaleureuse et douce espérance
A quoi doit-on s'attendre ?
Danger d'amor, demi tour
Prendre le prochain train
Envoyé par un autre défunt
Pour assister au miracle dan la cour
Ô grands et tendres
Paradis de son errance
Ô chaleureuse et douce espérance
A quoi doit-on s'attendre ?
On est tous un désert
Lentement peuplé de souvenirs
De quelques coquillages, quelques rires,
Avec une ou deux parts d'enfer
Ô grands et tendres
Paradis de son errance
Ô chaleureuse et douce espérance
A quoi doit-on s'attendre ?
J'ai renvoyé ma conscience trop curieuse
Vers un nouvel éclat
Vers une étoile en chocolat
Qui la rendra moins soucieuse
Phare en dol
Anna Mafleur
Anna, fleur, mafleur, ô bien-aimée de mes vingt-sept sens, je t'aime !
Je t'aime - tu de tes te tes, je te, tu me. Nous ?
Cet aveu n'a rien à faire ici.
Qui es-tu, personne sans l'ombre d'un nombre ? Tu es, es-tu ?
Les gens disent que tu n'es pas. Laisse-les parler,
ils ne savent pas sur quel pied le clocher danse.
Tu portes ton chapeau sur tes pieds et tu te promènes
sur les mains, sur les mains tu te promènes.
Oh là ! Scie tes tobes rouges en plis blancs.
Je t'aime rouge Anna Mafleur, rouge je me t'aime !
Tu de tes, te tes, je te, tu me - Nous ?
Cet aveu n'a rien à faire ici, jetons-le dans la braise froide.
Fleur rouge, Anna Fleur rouge, comment disent les gens ?
Concours philosophique : 1° Anna rouge a une fleur dans le chapeau.
2° Anna fleur est rouge. 3° Quelle est la couleur de la fleur ?
Bleu est la couleur de tes cheveux jaunes.
Rouge est le parfum de ta fleur verte.
Ô toi, modeste fille dans sa robe de tous les jours,
animal vert, je me t'aime !
Tu de tes, te tes, je te, tu me - Nous ?
Cet aveu n'a rien à faire ici, jetons-le dans la boîte à braise.
Anna fleur ! Anna, a-n-n-a, j'épèle ton nom goutte à goutte -
Ton nom goutte comme de la graisse de boeuf fondue.
Le sais-tu Anna, le sais-tu déjà ?
On peut le lire aussi par derrière,
et toi, la plus belle de toutes,
tu es par derrière aussi bien que par devant, A-n-n-a.
Des gouttes de graisse de boeuf tombent carressant mon dos.
Anna Fleur, Ma Fleur, toi animal de gouttes, je me t'aime.
Kurt Schwitters (1919)
Peinture : Otto Dix, Anita Berber (1925)
11 juin 2007
A part tes...
En aparté je devine
Un certain désarroi
Comme il vous incrimine
Votre silence en reste...Sans voix
En aparté toujours
Quelle drôle de situation
Expliquez-moi ce qui se cache en vous
Jugez-en mon entière...Dévotion
En aparté vous pouvez
Tout de même y mettre
Un peu du votre sachez
Que je ne souhaite pas vous y...Soumettre
En aparté uniquemnt
Ces choses ne se révèlent pas
Vous n'auriez pu faire autrement
Laissez-moi donc guider vos...Choix
En aparté rien n'a de sens
Où que cela soit peu importe
Il faut trouver l'essence
Et les errances vous trans...Porte
En aparté je m'égare
Je devrais réagir
Avant que vous ne me laissiez choir
Puisque votre être ne sait que vous...Trahir
En aparté pourtant
Tu pourrais chanter l'oraison
Douce mélancolie d'antan
Et mettre à part tes...Dérisions
Phare en dol
Photographie : Paris-émoi
Détente
Soirée-éclair entre deux
Verres d'élixir de vie
Au balcon de vos yeux
Votre coeur je ravis
La balancelle continue
Son petit chant grinçant
Qui peuple à perte de vue
Votre esprit grimaçant
Demain, rien ne sera
Pareil, bon gré mal gré
Vous renouvellerez tout cela
Encore un petit degré
Bientôt, vous traînerez derrière
Vous votre enveloppe vide
Au rythme des mystères
Dont vous êtes tant avide
Votre monde s'effondre
A l'intérieur de vous
Il vous faudra retendre
Votre existence au clou
Phare en dol
Photographie : Paris-émoi
04 avril 2007
Divagation souvenir
J'aime ces longues secondes
Où le temps semble s'arrêter
J'aime ces sons subtiles
Que l'air colle à la fenêtre
Tu paraîs briller dans l'univers
Vêtu de ton grand manteau triste et bleu
Tu paraîs si loin perdu là-bas
Poussière peuplant le paysage
J'aime quand plus rien ne condamne
Le jour durant lequel on demeure
J'aime quand une voix perd sa puissance
Tant le système est intouchable
Elle n'était pas un simple souvenir
Sans aucune couleur du passé
Elle n'était pas un rêve blotti contre toi
N'oublie pas sa présence immobile
J'aime quand le monde traverse
Ces espèces de crises de panique
J'aime quand rien ne s'éteint
Sans me demander l'autorisation
Nous étions les bienveillantes
Image de la providence
Nous étions sans nuage
Une simple lueur qui danse
J'aime quand vos yeux se voilent
Intempestifs dans leur seul prestige
J'aime quand plus rien ne vous limite
Et que votre feu rejaillit soudain
Vous n'étiez pas un absent
Une ombre qui erre dans un souffle
Vous n'étiez pas sans colère
Etreint par une douleur idéale
J'aime quand vos yeux se tortillent
Eux qui ne manquent pas d'amour
J'aime quand votre âme souligne
Indirectement l'horizon des êtres
Ils sont survenus sans prévenir
Animés par une grande angoisse
Ils sont parés de drame
Et cogneront toute la nuit à cette fenêtre
Phare en dol
Photographie : Paris-émoi
Philippe Delerm, Le Buveur de temps
Philippe Delerm, Le Buveur de temps
Voilà, c'est ça. Je suis un ami inconnu. Je viens sur terre pour nouer entre nous ce lien fragile qui n'a pas de nom. Pas encore. Amour, amitié, tendresse, les mots sont codifiés, pour un usage et des rapports précis. Mais entre nous, ce sera bien plus vague.
J'étais bien dans ma bulle. Je le sens maintenant à la fraîcheur de l'air d'ici, qui brûle un peu ; l'air de ma planète était parfait, il ne déchirait pas la poitrine, ne donnait pas envie de bouger, de changer. C'était un long sommeil, les yeux ouverts dans les eaux du soleil. C'était la solitude aussi, mais je vous regardais. Êtes-vous bien sur terre ? Excusez-moi. Êtes-vous bien, sur terre ?
Votre réponse est un silence, l'ébauche d'un sourire au coin des lèvres. J'aime bien ce silence, où je sens quelques gouttes de temps pur à la tristesse douce-amère. J'aime bien ce sourire, l'humour est la pudeur des jours -- vous êtes tellement civilisés.
Oraison
A l'ombre de mes jours
Coule la vie
Le temps se fait trop lourd
Et timidement périt
Oraison d'un soir
Chante ta triste chanson
Tu n'as plus d'échappatoire
Je demande une rançon
Tes craintes phosphorescentes
Déjà sur le seuil
Fêtent ta descente
Revêtent le costume du deuil
Oraison d'un soir
Chante ta triste chanson
Tu n'as plus d'échappatoire
Je demande une rançon
Dimension tragique
D'une dernière journée
Aux allures atypiques
Et probablement oubliée
Oraison d'un soir
Ta litanie s'est éteinte
Ton âme vient de choir
Sans aucune étreinte
Phare en dol








